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S Y M P T O M E S P R E C U R S E U R S
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Published On: avr. 23, 2005 02:41 AM |
E D L R # 5 5Lorsque deux amoureux se jettent
l'un sur l'autre sans se connaître, ce n'est pas un coup du sort, une
idylle de séducteur - je veux dire quand ce sont de vrais amoureux. Car
c'est juste que dans un temps de séduction impénétrable, là,
les relations d'amitié ne sont absolument pas envisageables. On ne pourra
pas faire semblant longtemps sans souffrir. Et aussi la joie émane
d'elle-même - et l'on est saisi par la chance, comme une couleuvre sur un
grill.
Read More E D L R # 4 0Les filles qui ne parlent pas de
politique, finalement elles sont capables de te parler d'une culotte, ou d'un
soutien-gorge, de préférer une robe à une autre, tout en pensant
que secrètement un univers noir et immense, gratuit, les attend et porte
le monde, en attendant que, à table, quelqu'un finisse par se servir un
dessert, et leur donne
raison.
La gourmandise est ainsi par mystère, un tue-l'amour, elle garantit la dépendance - les filles heureuses que l'on s'occupe de tout autre chose que de manger réellement, travailler réellement, espérant au fond, de toute force, des centaines de miracles quotidiens, sinon hebdomadaires, sinon annuels. Attendant, attendant, ne disant rien. Espérant dans la pénombre échapper ainsi à un gouffre, qu'elles semblent les seules à connaître, que nous, nous sommes censés pressentir. On les tire de là en leur faisant des surprises, des caprices, des colères ou des envoûtements. Les faire danser, les faire voyager. Les baiser pour les enfoncer plus encore dans leur gouffre, si elles en sentent l'appel, si elles nous en sentent assez nobles. et puis nous, nous avons dans les bras la poupée, fragile, autonome, intelligente que nous rêvions d'avoir à quatorze ans. là, pour de vrai. et la fille sait qu'elle est réelle, qu'elle est là, pour de vrai. gênante, magnifique, courtisée, extravagante de toute manière, malgré toute sobriété. Elle tient le cap, elle se sert de toute sa probité, de toute religion pour assumer cette position secrète. Elles se rendent garçonnes & fillettes pour faire plaisir. Elles travaillent à la place des hommes, embarrassés, qui se préservent quelques tâches ménagères informatiques, qui, finalement ne serviront à personne, sauf peut-être après une ou deux colères inutiles, à un ami forcé de reconnaître je ne sais quoi. Les filles attendent quelque chose : une promesse, une vérité, une bataille. Et toi tu crois qu'il faut perdre cette bataille, qu'il faut abdiquer, donner raison à cette douceur, ce bon sens sophistiqué et rapide. Ah quelle erreur irrémédiable - tu pensais te ranger, tu pensais quelle "attendait" que tu rentres, viennes te ranger parmi ses semblables. Soit elle devient folle, soit elle ne t'aimes plus, elle te déserte. De toute façon il lui fallait la distance par laquelle, elle peut espérer être surprise. Ta félicité d'hier te donne un crédit bien limité. Toutes tes victoires sont renversées en un battement de cil. De là, leur étonnante sincérité de tomber dans les yeux d'un inconnu. et quasiment, de le dire, tout haut. C'est désarmant. Nous, nous marchons. Nous courrons. Nous fondons le nouveau parti socialiste. Être de gauche, comme savoir que sa femme est une aventure secrète, patiente un peu, ardente beaucoup. beaucoup trop. Notre issue est un carnage sublime, nous y travaillons, intensément, nous le fuyons. nous façonnons un visage qui risque de les mettre à l'écart, et, de toutes leurs forces, elles veulent participer, être au centre, au moins, pour l'éternité. Fonder un foyer s'il le faut, risquer une fortune s'il le faut. de toutes façons, elles construisent des montagnes de soucis s'il y en a, des volcans de liberté, s'il en manque. Détestant pudiquement tout ce que nous faisons, arguant sinon que ce n'est pas encore commencé, de toute façon, que quelque chose manque. Au mieux notre présence, au pire leur solitude. Nos amies viennent déposer quelques pansements car elles savent bien les blessures irrémédiables que leurs soeurs provoquent - car elles sont semblables. en séduisant nos amies qui veulent bien qu'on les séduise, on titre, en haut du journal : il y a encore espoir ! De là à éclater en sanglots après avoir fait n'importe quoi, il n'y a qu'un pas ... de nouveau, un battement de cil. Et c'est encore avec ça qu'on séduit ! Qu'on devient de plus en plus pauvre ! Mer. - Avril 13, 2005W A R # 0 0 6je peux encore écrire. cela
fait l'effet d'un tranquilisant avant l'opération fatale, cf
l'anesthésie future de nos pouvoirs désagrégés. je me rends
compte que je suis possiblement dans cette situation de défaite qui se
regarde et se laisse tomber. J'ai 27 ans et je n'ai encore rien fait car la
vraie fiction commence maintenant - mon écriture commence maintenant,
maintenant que j'ai déjà épuisé toute ma certitude que j'aie
du talent - ce qui est douteux, voire redoutable. Car nous ne sommes plus des
écrivains, nous faisons des films maintenant et ceux qui écrivent des
romans font des téléfilms à présent. je ne peux plus toucher
d'aucun expédient même l'alcool me parait de trop, ou alors
quelquechose de puissant, en très petits shots, après ou avant un
repas léger. C'est le seul alcaloïde possible - En fait plus rien ne
fait effet comme avant, on parle de la détérioration de la
qualité de la drogue, je crois qu'elle n'a jamais été aussi
bonne, aussi mélangée et toxique qu'aujourd'hui, c'est simplement que
nous sommes trop haut pour sentir les accents. Je suis déjà, comme
beaucoup d'entre nous, accroc à quelque chose de la vie qui me
défonce, que je ne veux pas voir, que je ne peux pas avoir. La situation
politique internationale est la plus juste possible, nous sommes incandescents,
nous sommes offensés, nous regardons mal, nous ne sommes jamais
blessés car nous ne pouvons plus compter nos morts, nous sommes là
où il faut être, là où tout le monde est, à son moment.
Il y a des statuts de l'écriture que l'acte d'écrire contient, des métamorphoses : d'abord il y a l'histoire jeune et vive génère une nouvelle attaque de la forme, puis le mythique solide au coeur de l'oeuvre qui est autre chose qu'un accomplissement mais un déchirement - une dévastation totale de toute l'oeuvre par le milieu - une forme extrême de corruption en somme, ensuite la forme courte et le regard irisé sont la continuation de ce désoeuvrement en cours, alors l'amertume pure est juste car elle permet de nous défaire de notre faculté à nous croire et à être au coeur de l'éléctricité de la vie - c'est là que meurent toutes nos vélléités au talent et à toute forme d'orgueil - puis ensuite, nous sommes toujours vivant mais nous sommes seuls et d'autres êtres monstrueux et épuisants restent encore à naître au coeur de la forme, au-dessus de cette forme et nous sommes à deux doigts de ne plus jamais rien faire - les clochards capitalistes peuvent nous regarder crever - nous extirpons de la douleur les forces incompressibles qui font de notre cruauté notre arme la plus sûre. Il n'y donc aucune fin, s'il y avait un commencement. Nous commençons à peine à sortir nos premiers jets de l'ombre à l'heure où nos aînés pouvaient vraisemblablement continuer leurs exercices - nos aînés, à l'heure où nous nous trouvons sont donc morts ou éternels, cad dire morts plusieurs fois, puis réinventés. Il ne faudra pas attendre de nous que nous subissions aussi cet héritage là aussi, et même si vous nous attendez et que vous ne nous voyez pas, c'est que nous sommes en train d'absorber et de transformer les facultés antérieures pour admettre autre chose encore. Nos citations et nos hommages vous trompent sur nos intentions et aussi, nos intentions, qui, pour ne pas être claires, sont toutefois extrêmement puissantes, elles sont, pour ainsi dire, nues, intraitables. Je ne sais, à l'heure où je me dompte pour me confier à vous, si ce n'est l'éléphant qui va accoucher d'une souris ou la souris qui va accoucher de l'éléphant, mais en tout cas nous sommes là quelque part - sans revendication aucune, sans parole aucune, sans poids aucun, quelque part après la mort des uns sans même le remous qui accompagnaient la décadence des autres encore peu de temps avant. Nous sommes à 40 000 dB au dessous de la fréquence de l'être et nous savons que notre heure est passée, trépassée, nous ne guettons même plus l'occasion de le savoir, nous attaquons déjà. Avec les dents. Posted at 03:08 AM W A R # 0 0 5Refuser la chair m'est difficile.
quelquechose d'un éclat souverain m'empêche de soutenir du regard,
longtemps, les nus. les dos, les ventres, les bouches, les yeux, les mains. je
suis curieux, je suis malfrat, je suis fait, je suis quelquepart, le terrain
s'ouvre, je suis reprochable et je ne cache pas ce jeu-là pour ne pas
mentir mais je lutte pour ne pas m'enfoncer dans l'ombre. je respire, je prends
du temps. j'aimerais déplacer ce centre mais au fond c'est le seul centre,
d'ailleurs ce n'est pas un centre, c'est tout autour. je cuis de
l'extérieur. Je me brûle les doigts sur les cuisses inflexibles qui
saturent les couvertures. Les draps sont lourds, les vêtements
innombrables, le textile me retient dans ses filets, une séparation
perpetuelle vient tourmenter mes reins, quelque part l'image me laisse froid
ébahi et la présence me tourmente, me tient en vie, relance l'intrigue
des corps noués qui dansent mal, qui s'évitent, clean, qui se tordent,
mal foutus, faisant exprès. Mourant sur un côté, l'autre hanche
active, la poche tue la gauche, la droite tient sur le mur, la tête est
ailleurs évidemment, guidant, relançant, trompant, engluant de sens
les postures rudes, droites, les défonces, les efforts pour se lover
quelque part sur un coin. les passants agglutinés sur leurs jambes, les
épaules qui dansent, réclament des massages, des caresses, des pauses,
des clopes, des cafés, des vitrines à lécher. La tension du sport
est passée de mode, la mode a changé de bord, le bord s'est cassé
sur une artère tendue, survitaminée, j'aime imaginer des athlètes
détendus, arrêtés. Nous savons que nous loupons tout, que des
tonnes de râtés détonnent sur le destin que nous nous
efforçons de lisser
Posted at 03:08 AM |