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A Bruxelles tout est drôle, les noms des rues des cafés, les marques de bière. Tout parle pour la ville, tout est en elle, imprévisible. C'est une dérision sérieuse permanente. Les murs beiges disent des choses qu'ailleurs ils ne disent pas. Ailleurs ces fenêtres plates, cette platitude n'est pas respectée comme style. Ici c'est une forme de l'amour, de la communauté, les étrangers sont acceptés par ce style absolument européen du centre. Moderne, au centre, au siècle 1970. Car à partir de 1945 à 1989 chaque décennie est un siècle. Après ça reprend son cours normal, à la vitesse du Moyen Age, à partir de 1990, c'est le même siècle et ça sera le même pendant 500 ans, avec les mêmes remixes de l'histoire du XXè jusqu'à la prochaine révolution populaire réelle. A ce moment la notion de peuple se sera distendue autrement, englobera des fonctionnalités plus restreintes ou plus étendues, une portion du nom même de peuple sera transformée. L'importance totale de la politique au XIXe et XXe, son intérêt pour l'espêce humaine, en général, son reflet dans toutes les vitres, l'analyse du pouvoir contenue au sein de toutes les institutions, les administrations, les secretariats, le mondre cerveau d'archiviste ou de secrétaire au soin dentaire possède ce savoir, cette faculté d'analyse sociale et politique instantanée. La capacité d'être de la race des fourmis présuppose une aptitude à faire advenir la globalité plus que la personnalité. Quelquechose de tangible dans les bureaux, la paperasse. L'Europe-les archives du monde-les vieilles premières archives des fouteurs de merde, les premiers scribes efficaces avec l'instinct de la fourmi déjà à l'oeuvre et une fascination pour la théologie, chose qu'elle ne comprendra jamais, sauf par l'épée ou comme une épée, comme un pouvoir. L'Europe a inventé les techniques de guerres modernes, massives et a exporté ces compositions par copinage, vol, services secrets, recrutement, découpage de cartes. Une vision du combat comme issue définitive, la haine de la violence, et dans cette haine l'aspiration à la paix, la paix universelle, c'est à dire les grandes dominations souveraines, c'est à dire de grandes guerres, les plus féroces et les plus définitives. Le modèle européen de la paix totale catholique issue des croisades, de l'assurance que les croisades suivent leurs cour, des combats périphériques, des situations incompréhensibles périphériques, des fictions de perte, des déserts, l'animal humain, au bord de notre monde, les loups garous attendent. Des avions silencieux sont perdus à jamais.
Finalement voilà l'Europe complètement exportée, vidée d'elle-même avec sa réussite à tous points de vue, l'estampillage et le pillage, la duplication rendue extrême, les savoirs empilés partout, l'europe copiée, adaptée, de la grande division des partis politiques, le modèle démocratique, le fonctionnement sur l'échange avec redéfinition permanente des rapports mâitres/esclaves, tout le temps l'esclave menaçant le maître, tout le temps cette importance de l'égalité des chances au pouvoir, cette quantification du pouvoir qui se dit.

Dans d'autres mondes on ne dit pas, ou on ne disait pas quelles étaient les quantités de pouvoir réelles, la menace et le symbole préserve peut-être certaines castes de dire que leurs propres enfants vont venir grignoter leur cervelle. l'héritage, la division des cellules, la mort de parties entières d'un corps complet. Des vaisseaux immenses à la dérive et dans les coques vides et déchiquetées, les foetus de l'histoire. La réecriture commence par une réecriture du pouvoir, une déchéance et un questionnement, des sauts dans les dynasties, les sacres de plus en plus fastueux, des batailles gagnées trop longtemps et des défaites que tout le monde désire. Les marins dans leur lit de mort jouissent en pleurant, ils voient en songe leurs femmes abandonner leur ventre au hasard d'une plèbe ennemie, ils meurent de rage et de tout leur coeur ils donnent le plaisir de la défaite à certains de leurs fils, préparant ainsi une grande hémoragie de fils. Les territoires de la vengeance sont déstinés aux héritiers masculins. Aujourd'hui dans l'effacement des sexes, c'est toujours le même genre qui est préféré, fille ou garçon, ce sont des fils quand même; la sélection du germe de la vengeance s'opère selon les natures sexuelles avec la même nécessité d'un corps unidimensionnel, un solide prêt au décret, capable d'émettre des actes notariés, la guerre calme, la guerre et ses justifications interminables à travers le droit, l'université et l'enseignement universel, le code pénal, l'interdiction du meurtre personnel comme légitimation, éclairement du meurtre général, cette adage : la guerre momentanée, temporelle est préférable que le duel intemporel, la possibilité intemporelle du duel. La rixe des animaux de territoires qui ne termine jamais, et de cette immensité de la lutte personnelle entre petits seigneurs nait la fatigue qui permettra le repos de tous pour le pouvoir de très peu. Ne pas se battre tous les jours, remettre les combats quotidiens à plus tard : les mandats, la délégation de pouvoir;
La compréhension de l'état de paix c'est peut-être se trouver dans un territoire de victoire locale durable, marcher au milieu des vaincus comme certains de nos frères, masquer les différences de naissance, de temps de lieu, créer un analgésique cosmopolite. Oublier la honte des slogans de croisade. L'état de paix c'est un terrain neutre, un terrain de synthèse, de laboratoire, de savants dosages d'expédients, la drogue est toujours en circulation, la légalité comme question quotidienne, irritante sur tous les petits terrains de la vie. La guerre est active, résonne de symptomes, comme le haschich est un expédient dont la popularité est née de la guerre d'algérie 54-62. Les rapports entretenue entre les gendarmes-les dealers-les clients de cette drogue évoquent les amnésies qui ont découlé des traumatismes de ce conflit : la non-reconnaissance de l'état de guerre ont généré des consommations abusives d'expédients régionaux, rappels de vaccin historique, épidémie de mémoire et symptôme de résistance passive.

Il y a aussi certains ports où les guerres n'en finissent pas d'être racontées, reformulées, rebataillées, où les gens s'en foutent parce que personne n'est d'accord, le pays de tous ceux qui quittent le pays. Un vaisseau finalement plus solide que les vaisseaux centraux, un vaisseau qui flotte très bas avec de l'eau sur le pont, de l'eau qui entre partout. Ce navire est à l'image des villes douces d'europe comme bruxelles,bologne,lisbonne. Les villes d'après la guerre, dont les bombardements ne sont pas les cicatrices fondamentales, juste des accidents, des conséquences des guerres que se livrent les grandes capitales. Ce sont des villes d'esclaves affranchis, les ouvriers marchent la tête haute, chacun est son propre seigneur, une promenade fédérale n'est pas impossible, les comtés se rapprochent, la nation est faible et composite, tu es fort quelquepart, ton domaine d'action ne montre pas ses limites de lui-même, tu déposes les armes, tu t'occuppes à d'autres affaires que les affaires centrales. Finalement ici se dessinent les voies express pour des assauts imprévisibles.

Posted: Mer. - Avril 13, 2005 at 03:02 AM          


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