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Lorsque deux amoureux se jettent l'un sur l'autre sans se connaître, ce n'est pas un coup du sort, une idylle de séducteur - je veux dire quand ce sont de vrais amoureux. Car c'est juste que dans un temps de séduction impénétrable, là, les relations d'amitié ne sont absolument pas envisageables. On ne pourra pas faire semblant longtemps sans souffrir. Et aussi la joie émane d'elle-même - et l'on est saisi par la chance, comme une couleuvre sur un grill.

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E D L R # 4 0


Les filles qui ne parlent pas de politique, finalement elles sont capables de te parler d'une culotte, ou d'un soutien-gorge, de préférer une robe à une autre, tout en pensant que secrètement un univers noir et immense, gratuit, les attend et porte le monde, en attendant que, à table, quelqu'un finisse par se servir un dessert, et leur donne raison.

La gourmandise est ainsi par mystère, un tue-l'amour, elle garantit la dépendance - les filles heureuses que l'on s'occupe de tout autre chose que de manger réellement, travailler réellement, espérant au fond, de toute force, des centaines de miracles quotidiens, sinon hebdomadaires, sinon annuels. Attendant, attendant, ne disant rien. Espérant dans la pénombre échapper ainsi à un gouffre, qu'elles semblent les seules à connaître, que nous, nous sommes censés pressentir. On les tire de là en leur faisant des surprises, des caprices, des colères ou des envoûtements. Les faire danser, les faire voyager. Les baiser pour les enfoncer plus encore dans leur gouffre, si elles en sentent l'appel, si elles nous en sentent assez nobles. et puis nous, nous avons dans les bras la poupée, fragile, autonome, intelligente que nous rêvions d'avoir à quatorze ans. là, pour de vrai. et la fille sait qu'elle est réelle, qu'elle est là, pour de vrai. gênante, magnifique, courtisée, extravagante de toute manière, malgré toute sobriété. Elle tient le cap, elle se sert de toute sa probité, de toute religion pour assumer cette position secrète. Elles se rendent garçonnes & fillettes pour faire plaisir. Elles travaillent à la place des hommes, embarrassés, qui se préservent quelques tâches ménagères informatiques, qui, finalement ne serviront à personne, sauf peut-être après une ou deux colères inutiles, à un ami forcé de reconnaître je ne sais quoi.

Les filles attendent quelque chose : une promesse, une vérité, une bataille. Et toi tu crois qu'il faut perdre cette bataille, qu'il faut abdiquer, donner raison à cette douceur, ce bon sens sophistiqué et rapide. Ah quelle erreur irrémédiable - tu pensais te ranger, tu pensais quelle "attendait" que tu rentres, viennes te ranger parmi ses semblables. Soit elle devient folle, soit elle ne t'aimes plus, elle te déserte. De toute façon il lui fallait la distance par laquelle, elle peut espérer être surprise. Ta félicité d'hier te donne un crédit bien limité. Toutes tes victoires sont renversées en un battement de cil.

De là, leur étonnante sincérité de tomber dans les yeux d'un inconnu. et quasiment, de le dire, tout haut. C'est désarmant. Nous, nous marchons. Nous courrons. Nous fondons le nouveau parti socialiste. Être de gauche, comme savoir que sa femme est une aventure secrète, patiente un peu, ardente beaucoup. beaucoup trop.

Notre issue est un carnage sublime, nous y travaillons, intensément, nous le fuyons. nous façonnons un visage qui risque de les mettre à l'écart, et, de toutes leurs forces, elles veulent participer, être au centre, au moins, pour l'éternité.
Fonder un foyer s'il le faut, risquer une fortune s'il le faut. de toutes façons, elles construisent des montagnes de soucis s'il y en a, des volcans de liberté, s'il en manque. Détestant pudiquement tout ce que nous faisons, arguant sinon que ce n'est pas encore commencé, de toute façon, que quelque chose manque. Au mieux notre présence, au pire leur solitude.

Nos amies viennent déposer quelques pansements car elles savent bien les blessures irrémédiables que leurs soeurs provoquent - car elles sont semblables. en séduisant nos amies qui veulent bien qu'on les séduise, on titre, en haut du journal : il y a encore espoir ! De là à éclater en sanglots après avoir fait n'importe quoi, il n'y a qu'un pas ... de nouveau, un battement de cil.

Et c'est encore avec ça qu'on séduit ! Qu'on devient de plus en plus pauvre !

 

Mer. - Avril 13, 2005

E D L R # 8 8


Un corps de femme flotte dans l'eau laiteuse. Une main supplémentaire, la tire au fond. Tout doucement. Puis disparition totale. Des phares dans la nuit. Une marche dans la forêt. La nuit. de la mousse. Une nuit froide. Un concours de circonstances. Des photos. Clichés de police du corps repêché. L'amour du photographe pour le cadavre, ses analyses de clichés. Son baiser. S avision de la main qui l'emporte. Un Ballroom. Des rideaux rouges. un orchestre de rock électronique. la fille morte revient à la vie, passe à travers les spectateurs, désigne le photographe du doigt. La famille de la victime ressucitée, autour d'elle choquée. Le photographe qui les suit. L'enquête de police autour de la désignation mystérieuse. Très doucement, c'en est arrivé jusque là. Personne n'a de preuve bien sûr. Mais le photographe suit la jeune fille - sa meilleure amie la protège. Ensuite une garde à vue - un plan séquence - pour en savoir plus. On fouille sa maison, on le suit. Il retourne au marais, de temps en temps, quand il ya du soleil. C'est de nouveau le printemps. Ils se rencontrent, lui & la fille. Ils sont proches. Il est intrigué. Elle est effrayé. ils deviennenet amants. Le village n'accepte pas tout à fait. Il y a une reconstitution par la police. Le photographe est là, à qui on demande de photographier.

Posted at 02:28 AM    


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